Lorsque nous prenons le temps de parler de la confiance en soi, nous découvrons qu’elle n’est jamais seule. Elle est intimement liée à l’estime de soi, à l’image de soi que nous avons de nous-mêmes, à notre sentiment de valeur et de légitimité. Nous croyons parfois que la confiance est un trait de caractère, alors qu’elle est avant tout une relation à soi, fragile, mouvante, profondément humaine.
Nous portons tous une histoire intérieure faite de jugements, de doutes, de besoin de reconnaissance et parfois de honte ou de culpabilité. Comprendre cette histoire, c’est déjà commencer à se libérer.
L’estime de soi concerne la valeur que nous nous accordons. Elle se construit très tôt, à travers les regards reçus, les paroles entendues, les expériences vécues. Lorsque l’estime est fragile, nous doutons de notre légitimité, nous nous dévalorisons et nous cherchons souvent une validation externe pour nous sentir exister.
Vous pouvez reconnaître une estime de soi fragilisée lorsque le jugement de soi est sévère, lorsque la peur du rejet prend beaucoup de place ou lorsque le besoin de reconnaissance devient central. Nous avons alors du mal à nous sentir suffisamment bien « tels que nous sommes ». Le respect de soi et l’acceptation de soi deviennent conditionnels, dépendants du regard des autres.
La confiance en soi, elle, concerne davantage notre capacité à agir, à prendre notre place, à nous affirmer. Elle se manifeste dans l’affirmation de soi, la pose de limites personnelles et la confiance relationnelle. Quand elle vacille, le doute de soi s’installe : avons-nous le droit de parler ? d’exister pleinement ? de dire non ?
Je constate souvent que nous confondons confiance et assurance. Or, la confiance n’exclut ni la peur ni l’hésitation. Elle consiste plutôt à avancer malgré le doute, sans se trahir. Lorsque la peur du jugement ou la peur du rejet nous paralysent, c’est souvent le signe que notre sécurité intérieure a été fragilisée.
L’Analyse Transactionnelle est un outil précieux pour éclairer ces mécanismes. Elle permet de comprendre comment fonctionne une personnalité, comment elle s’est construite et comment nous communiquons avec nous-mêmes et avec les autres. Elle repose sur une idée essentielle que je partage profondément : chaque personne est fondamentalement positive.
Selon cette approche, certaines décisions prises dans l’enfance influencent encore aujourd’hui nos comportements. Par exemple, nous avons pu décider inconsciemment qu’il fallait être parfait pour être aimé, ou discret pour ne pas déranger. Ces décisions façonnent notre identité personnelle, notre rapport à la reconnaissance et notre sentiment de légitimité.
Ce langage thérapeutique accessible nous aide à mieux nous comprendre et à transformer nos modes relationnels avec plus de clarté et de douceur.
La thérapie comportementale nous aide à identifier les schémas de pensée automatiques qui nourrissent la dévalorisation : « je ne suis pas à l'hauteur », « je vais être jugé », « je ne mérite pas ». Ensemble, nous apprenons aux observer, aux questionner et aux transformer.
Ce travail progressif permet de restaurer une sécurité affective plus stable, moins dépendante du regard extérieur. Nous ne cherchons plus seulement à être validés, mais à nous sentir alignés avec ce que nous sommes.
Les thérapies humanistes mettent au cœur du travail la relation et le vécu. Elles nous rappellent que la confiance et l’estime de soi se reconstruisent dans un cadre bienveillant, où nous pouvons être accueillis sans condition.
Je crois profondément que lorsque nous nous sentons reconnus dans notre humanité, l'honte et la culpabilité perdent de leur pouvoir. Nous pouvons alors développer une acceptation de soi plus profonde, fondée sur le respect de soi et la valeur de soi.
La thérapie par l’art ouvre un autre chemin. Elle permet d’exprimer ce qui ne trouve pas toujours les mots : l’image de soi, les blessures, mais aussi les ressources oubliées. Par la création, nous entrons en contact avec une part plus intuitive et plus libre de nous-mêmes.
La confiance en soi et l’estime de soi ne sont pas des états figés à atteindre une fois pour toutes. Elles se construisent, se fragilisent et se renforcent tout au long de la vie. En apprenant à mieux nous comprendre, nous pouvons avancer vers une relation à nous-mêmes plus juste, plus libre et profondément vivante.